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Dussarthou |
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La Valterie (
1681) |
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elemaque
&
Pisistrate
trouvèrent en
arrivant à Sparte,
toute la Cour dans une grande joye.
Menelas venoit de conclure le
mariage de Megapente son fils
naturel, avec une belle Lacedemonienne,
qui estoit d'une
famille ancienne, & qui avoit de grands biens. Il avoit arresté le
mesme jour çeluy d'Hermione sa
fille uni avec le fils
d'Achille.
Il
y avoit donc une réjouissance extraordinaire, où les festins, la
danse, le chant occupoient agréablement
tout le monde.
Eteonée,
auquel il appartenoit de les presenter, craignoit de les introduire dans un temps où le Roy donnoit ordre
à cette réjoüissance publique : Mais il désapprouva cette crainte, & luy commanda d'aller au devant
d'eux, & de les faire venir
au Palais. |
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Leconte de Lisle (1867) |
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Et
ils parvinrent à la vaste et creuse Lakèdaimôn. Et ils se dirigèrent vers la
demeure du glorieux Ménélaos, qu'ils trouvèrent célébrant dans sa demeure,
au milieu de nombreux convives, les noces de son fils et de sa fille
irréprochable qu'il envoyait au fils du belliqueux Akhilleus. Dès longtemps,
devant Troié, il l'avait promise et fiancée, et les Dieux accomplissaient
leurs noces, et Ménélaos l'envoyait, avec un char et des chevaux, vers
l'illustre ville des Myrmidones, auxquels commandait le fils d'Akhilleus.
Et
il mariait une Spartiate, fille d'Alektôr, à son fils, le robuste
Mégapenthès, que, dans sa vieillesse, il avait eu d'une captive. Car les Dieux
n'avaient plus accordé d'enfants à Hélénè depuis qu'elle avait enfanté sa
fille gracieuse, Hermioné, semblable à Aphroditè d'or.
Et
les voisins et les compagnons du glorieux Ménélaos étaient aussi au festin,
dans la haute et grande demeure ; et ils se réjouissaient, et un Aoide divin
chantait au milieu d'eux, en jouant de la flûte, et deux danseurs bondissaient
au milieu d'eux, aux sons du chant.
Et
le héros Tèlémakhos et l'illustre fils de Nestôr s'arrêtèrent, eux et
leurs chevaux, dans le vestibule de la maison. Et le serviteur familier du
glorieux Ménélaos, Etéôneus, accourant et les ayant vus, alla rapidement les
annoncer dans les demeures du prince des peuples. Et, se tenant debout auprès
de lui, il dit ces paroles ailées :
-Ménélaos,
nourri par Zeus, voici deux Étrangers qui semblent être de la race du grand
Zeus. Dis-moi s'il faut dételer leurs chevaux rapides, ou s'il faut les
renvoyer vers quelque autre qui les reçoive.
Et
le blond Ménélaos lui répondit en gémissant :
-Etéôneus Boèthoide, tu n'étais pas insensé avant ce moment, et voici que tu prononces
comme un enfant des paroles sans raison. Nous avons souvent reçu, en grand
nombre, les présents de l'hospitalité chez des hommes étrangers, avant de
revenir ici. Que Zeus nous affranchisse de nouvelles misères dans
l'avenir ! Mais délie les chevaux de nos hôtes et conduis-les eux-mêmes
à ce festin. |
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Dufour et Raison
(1935) |
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Ils
arrivèrent au creux des ravins profonds où se trouve Lacédémone, et se rendirent
au manoir du glorieux Ménélas, qu'ils trouvèrent offrant dans sa demeure à de
nombreux parents le repas de noces de son fils et de son irréprochable fille. Il
envoyait celle-ci au fils d'Achille, qui brisait les rangs de guerriers. C’est à
Troie que la première fois Ménélas l'avait promise et s'était d'un signe de tête
engagé à la donner, et les dieux maintenant achevaient le mariage. Alors donc il
la faisait conduire sur un char attelé de chevaux vers la ville fameuse des
Myrmidons, sur qui régnait le fiancé. Pour son fils, qui seulement atteignait
l'adolescence, il avant choisi à Sparte la fille d'Alector. Ce fils était le
fort Mégapenthès, né d'une
esclave ; car Ies dieux ne donnaient plus à Hélène l'espoir d'une
descendance, depuis qu'elle avait mis au monde l'enfant charmante, qui avait la
beauté d'Aphrodite aux joyaux d'or.
Ainsi
festoyaient dans le grand manoir à la haute toiture, les voisins et parents du
glorieux Ménélas ; ils faisaient chère lie, et parmi eux un aède divin
chantait en s'accompagnant de la lyre ; deux bateleurs, au rythme du chant,
pirouettaient au milieu de l'assemblée. Devant le portail ils avaient tous deux
arrêté leurs chevaux, le héros Télémaque et le ballant fils de Nestor. Et
comme il sortait, le fort Étéonée les vit : c'était le diligent serviteur du
glorieux Ménélas ; il alla, donc à travers la grand'salle les annoncer au
pasteur de peuples. S'arrêtant
près
de lui, il lui adressa ces paroles ailées : « Ménélas, issu de Zeus, il y a
là deux étrangers, deux hommes qui, à les voir, semblent de la race du grand
Zeus. Dis si nous devons dételer leurs chevaux rapides ou les envoyer chez un
autre qui leur fasse bon accueil.
Alors
tout indigné, le blond Ménélas lui dit : « Tu n'étais pourtant
pas sans raison, Étéonée, fils de Boéthos, jusqu'à ce jour; mais
maintenant, en vérité, tu dis des sottises comme un enfant. Que de fois,
avant d'arriver ici, avons-nous tous deux, chez d'autres hommes, mangé le
repas d'hospitalité : misère dont Zeus nous préserve à l'avenir ! Dételle
les chevaux des étrangers et amène les ici prendre part au festin. »
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Banquet à Lacédémone Chagall (1972) |
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