Hélène arrive sur les remparts
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Bareste (1843)   Leconte de Lisle (1867)

Là, Priam, Panthous, Thymétès, Lampus, Clytius, Hicétaon, rejeton de Mars, et les sages Ucalégon et Anténor, tous anciens du peuple, sont assis au-dessus des portes de Scées ; leur grand âge les éloignait de la guerre ; mais, prudents orateurs, ils discouraient, comme des cigales qui, sur la cime d'un arbre, fout entendre dans les forêts une voix mélodieuse  : tels sont les chefs troyens assis au sommet de la tour. Lorsqu'ils voient Hélène s'avancer vers eux, ils se disent à voix basse :

    « Ce n'est pas sans raison que les Grecs aux belles cnémides et les Troyens supportent, pour une telle femme, de si longues souffrances. Son visage est aussi beau que celui des déesses immortelles ; malgré cela, cependant, il faut qu'elle s'en retourne sur les vaisseaux achéens, de peur qu'elle ne soit un sujet de ruine pour nous et pour nos enfants. »

 

 Priamos, Panthoos, Thymoitès, Lampos, Klytios, Hikétaôn, nourrisson d'Arès, Oukalégôn et Antènôr, très sages tous deux, siégeaient,  vieillards  vénérables,  au-dessus des portes Skaies. Et la  vieillesse les écartait de la guerre ; mais c'étaient d’excellents Agorétes  et ils étaient pareils à des cigales qui, dans les bois, assises sur un arbre, élèvent leur voix mélodieuse. Tels étaient les princes des Troiens, assis sur la tour. Et quand ils virent Hélénè qui montait vers eux, ils se dirent les uns aux autres, et à voix basse, ces paroles ailées :

      -Certes, il est juste que les Troiens et les Akhaiens aux belles knémides subissent tant de maux, et depuis si longtemps, pour une telle femme, car elle ressemble aux Déesses immortelles par sa beauté. Mais, malgré cela, qu'elle s'en retourne sur ses nefs, et qu'elle ne nous laisse point, à nous et à nos enfants, un souvenir misérable.

 

Hélène sur les remparts   Le Corbusier (1955)