Enlèvement de Briséïs
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Peinture d'une coupe. (British Muséum)

 
 Flaxman (1793)

Le Corbusier (1955)
 
Dubois de Rochefort (1782)

  atride cependant, fidèle à sa menace,

Veut du superbe Achille humilier l'audace

Il parle aux deux Hérauts dont l'honorable emploi

Est de porter partout les ordres de leur Roi.

 

     » je remets en vos mains ma gloire & ma vengeance,

» Hérauts, dit-il, marchez vers celui qui m'offense ;

» Allez des pavillons de ce fils de Thétis,

» Au nom de votre maître, arracher Briséïs.

» S'il l'ose refuser, j'irai, dans ma colère,

» Suivi de mes soldats, punir le téméraire.

 

     les deux sages Hérauts, interdits & tremblans,

Aux pavillons d'Achille arrivent à pas lents.

Achille est dans sa tente & frémit à leur vue ;

De sentimens divers son ame est combattue ;

Il les fixe en silence. A son auguste aspect,

Ils s'arrêtent saisis de crainte & de respect,

» Des Dieux & des mortels Ministres vénérables,

» Approchez, leur dit-il, vous n'êtes point coupables.

» Atride vous envoie, & je fais ses desseins.....

» Patrocle, remettez Briséïs en leurs mains.

» Mais, devant tous les Dieux, devant la terre entière,

» Devant ce Roi cruel qui rit de ma colère,

» Je vous prends à témoins ; si, tout prêt de périr,

» A ma valeur un jour il osoit recourir,

» Si jamais..... Quelle rage à sa perte l'entraîne !

» Dans quel aveuglement l'a fait tomber sa haine !

» Sans songer au passé, sans prévoir l'avenir,   

» Il repousse le bras qui peut le soutenir.

 

     il dit  & Briséïs arrive dans sa tente,

Patrocle la conduit interdite & tremblante,

Il la remet aux mains de deux sages Hérauts ;

On l'emmène, elle part, en déplorant ses maux.

 

 
Bitaubé (1810) Dugas Montbel (1828)

Pendant que l'armée s'occupait de ces soins, Agamemnon n’oubliant pas la menace qu’il venait d’adresser au fils de Pélée, ap-pelle Thalthybius et Eurybate, ses hérauts et ses ministres fidèles. Allez, leur dit-il, dans la tente d’Achille, et saisissant la jeune Briséis, amenez-la dans ces lieux. S’il refuse de la livrer, j’irai l’enlever moi-même, accompagné d’une troupe nombreuse, insulte qui lui sera plus sensible. Il dit, et joint à ces paroles de plus fortes menaces.

Ils marchaient à regrets le long du rivage de la mer : ils arrivent prés des vaisseaux des Phthiotes, et trouvent ce guerrier assis devant sa tente. Leur aspect irrite le fils de Pélée : troublés et remplis de vénération pour ce roi , ils s’arrêtaient et n’osaient lui adresser la parole. Mais il s’en aperçoit ! et leur dit :

Je vous salue, hérauts, ministres de Jupiter et des hommes : approchez, ce n’est point vous qui êtes coupables envers moi, mais Agamemnon, qui vous envoie pour ravir la jeune Briséis. Va généreux Patrocle, fais-la sortir, et remets-la entre leurs mains ; qu’ils l’emmènent. O hérauts ! vous serez vous-mêmes mes témoins devant les dieux, devant les mortels et devant ce roi barbare, si jamais l’on a besoin de ma présence pour garantir les Grecs des plus affreux malheurs. - Une aveugle fureur l’entraîne à sa perte ; il ne songe ni au passé ni a l’avenir, et peu lui importe d’assurer le salut des Grecs dans les combats qu’ils vont livrer prés de leurs vaisseaux.

Il dit. Patrocle obéit à l’ordre de son amis ; il conduit hors de la tente la belle Briséis, et la remet aux hérauts, qui l’emmènent. Ils reprennent leur route le long des vaisseaux des Grecs. La jeune captive les suivait à regret.

 

    Tandis que l'armée se livre à de tels soins, Agamemnon n'a point oublié sa querelle avec Achille ni la vengeance dont il l'a menacé ; soudain il appelle ses deux hérauts, Eurybate et Talthybius, serviteurs pleins de zèle, et leur parle en ces mots :

    « Allez tous deux à la tente d'Achille, saisissez et conduisez ici la belle Briséis : s'il la refuse, je l'enlèverai moi-même, suivi de nombreux guerriers, ce qui l'outragera davantage. »

    Il dit, et les envoie avec cet ordre menaçant. Les deux hérauts, suivant à regret le rivage de la mer, arrivent vers les vaisseaux thessaliens, et trouvent Achille assis devant sa tente, près de son noir navire. En les voyant, il est saisi de douleur ; eux, remplis de crainte et de respect pour le héros, s'arrêtent, sans lui parler ni l'interroger ; mais Achille, qui s'en aperçoit, leur dit aussitôt :

    « Salut, hérauts, ministres de Jupiter et des hommes, approchez : vous n'êtes point coupables envers moi ; c'est Agamemnon, lui qui vous envoie pour m'enlever la belle Briséis. Va, noble Patrocle, conduis-la hors de ma tente ; qu'ils emmènent ma captive. Et vous, hérauts, vous serez mes témoins devant les dieux, devant les hommes, et devant ce roi cruel, si jamais il a besoin de mon bras pour écarter une affreuse ruine loin des autres guer­riers. Il se laisse emporter par sa fureur ; il ne considère ni le passé, ni l'avenir, pour assurer le salut des Grecs quand ils combattront autour de leurs navires. »

    A l'instant Patrocle obéit aux ordres de son ami fidèle : il con­duit la belle Briséis hors de la tente, et la remet aux mains dès hérauts. Ceux-ci retournent vers les vaisseaux des Grecs, et la jeune captive les suit à regret. Alors Achille, en pleurant, s'as­sied loin de ses compagnons sur les rivages de la mer blanchis­sante, et regarde les flots azurés ; puis, étendant les mains, il implore en ces mots sa mère chérie :

 

Bareste (1843) Leconte de Lisle (1867)

   Tandis que l'armée s'occupe de tels soins, Agamemnon n'oublie pas les menaces qu'il a faites à Achille. Il s'adresse à Talthybius et à Eurybate, tous deux ses hérauts et ministres zélés, et leur dit :

    « Allez à la tente d'Achille, fils de Pelée ; saisissez-vous de la belle Briséis, et amenez-la en ces lieux. Si l’on refuse de vous la livrer, j'irai moi-même l'enlever, suivi de mes nombreux compagnons, ce qui sera plus outrageant encore. »

    Il dit, et les renvoie en joignant à cet ordre un langage menaçant. Les deux envoyés, suivant à regret les rivages de la mer stérile, arrivent près des tentes et des vaisseaux des Myrmidons. Ils trouvent Achille assis devant sa tente et son sombre navire. En les voyant, il est saisi de douleur. Ceux-ci, troublés et pleins de respect pour ce prince, s'arrêtent, et n'osent lui adresser la parole. Achille qui s'en aperçoit leur dit :

    « Salut, hérauts, ministres de Jupiter et des hommes ; approchez : ce n'est point vous qui êtes coupables, mais Agamemnon qui vous envoie pour m'enlever la belle Briséis. Va, généreux Patrocle, conduis-les hors de ma tente, afin qu'ils emmènent ma captive. Mais, hérauts, je vous prends à témoin devant les dieux fortunés, devant tous les hommes et devant ce roi cruel, si jamais, un jour, il a besoin de mon bras pour empêcher la ruine des autres guerriers. Car il se livre aveuglément à sa fureur, et il ne considère pas assez le présent et l'avenir pour sauver les Grecs, lorsqu'ils combattront auprès de leurs navires. »

    A ces mots, Patrocle obéit aux ordres de son ami ; il conduit, hors de la tente, la belle Briséis, et la remet aux hérauts qui s'en retournent vers les vaisseaux achéens, en emmenant cette jeune fille qui les suit à regret.

 

Et pendant qu'ils faisaient ainsi, Agamemnôn n'oubliait ni sa colère, ni la menace faite à Akhilleus. Et il  interpella  Talthybios  et  Eurybatès,  qui  étaient  ses hérauts familiers.

      -Allez à la tente du Pèléide Akhilleus. Saisissez de la main Brisèis aux belles joues ; et, s'il ne la donne pas, J'irai la saisir moi-même avec un plus grand nombre, et ceci lui sera plus douloureux.

  Et il les envoya avec ces âpres paroles. Et ils marchaient à regret le long du rivage de la mer inféconde, et ils parvinrent aux tentes et aux nefs des Myrmidones. Et ils trouvèrent le Pèléide assis auprès de sa tente et de sa nef noire, et Akhilleus ne fut point joyeux de les voir. Effrayés et pleins de respect, ils se tenaient devant le Roi, et ils ne lui parlaient, ni ne l'interrogeaient. Et il les comprit dans son âme et dit :

      -Salut, messagers de Zeus et des hommes ! Approchez. Vous n'êtes point coupables envers moi, mais bien Agamemnôn, qui vous envoie pour la vierge Brisèis.  Debout,  divin  Patroklos,  amène-la,  et  qu'ils l'entraînent ! Mais qu'ils soient témoins devant les Dieux heureux, devant les hommes mortels et devant ce Roi féroce, si jamais on a besoin de moi pour conjurer la destruction de tous ; car, certes, il est plein de fureur dans ses pensées mauvaises, et il ne se souvient de rien, et il ne prévoit rien, de façon que les Akhaiens combattent saufs auprès des nefs.

  Il parla  ainsi,  et Patroklos obéit  à son  compagnon bien-aimé. Il conduisit hors de la tente Brisèis aux belles joues, et il la livra pour être entraînée. Et les hérauts retournèrent aux nefs des Akhaiens, et la jeune femme allait, les suivant à contrecœur.

 

Dussarthou (1950?)