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Chant
VII. — Insensible aux supplications des Troyens, Minerve continue à désirer
leur perte : mais son frère Apollon, favorable au parti opposé,
inspire à Hector l'idée de provoquer, lui-même, un des chefs ennemis
en combat singulier. Le héros troyen s'avance vers l'armée grecque, et
demande que le plus vaillant d'entre les chefs se mesure contre lui. Ménélas
s'apprête déjà à relever ce défi, lorsqu'il en est empêché par
Agamemnon ; et neuf autres guerriers s'offrent, après lui, à combattre
Hector, parmi lesquels, sur le conseil du vieux Nestor, on décide de
choisir celui que le sort aura désigné. Le sort échoit à l'un des
deux Ajax, le fils de Télamon; et un terrible combat s'engage entre ce
Grec et le chef troyen, mais sans que l'un ni l'autre réussisse à
triompher de son adversaire. Alors ils se serrent la main et échangent
des présents, en signe d'amitié, et puis se séparent pour rejoindre
leurs armées. Dans le camp des Grecs, le vieux Nestor propose de
conclure une trêve dont on profitera pour brûler les morts, leur élever
un tombeau commun, et surtout pour dresser, autour du camp, un rempart
entouré d'un fossé, de manière a protéger l'armée et la flotte.
Pareillement Priam, sur la place publique de Troie, exhorte les Troyens
à solliciter une trêve ; et un héraut envoyé par lui se rend auprès
des Grecs, à qui il offre en même temps, de la part de Paris, la
restitution de tous les trésors que celui-ci a amassés dans son
palais, moyennant la cessation des hostilités. Agamemnon, parlant pour
tous les Grecs, rejette l'offre de Paris, mais consent à une trêve ; et
le chant se termine par une description des travaux de l'armée grecque,
après que celle-ci a brûlé ses morts. |

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Le
chant VIII s'ouvre par la scène fameuse que voici :
Or, l'Aurore à la robe
de safran se répandait sur toute la terre, et Jupiter maître de la
foudre convoqua, une assemblée des dieux sur la plus haute cime de
l'Olympe aux nombreuses crêtes ; et lui-même les harangua, et tous les
dieux prêtèrent l'oreille :
«
Écoutez-moi tous, dieux et déesses, afin que je puisse vous dire ce
que me commande mon cœur, dans ma poitrine !... Quiconque de vous
essaiera désormais, à ma connaissance, de porter secours aux Troyens
ou aux Grecs, celui-là par châtiment ne pourra plus retourner sur
l'Olympe, ou bien je le prendrai et le jetterai dans le brumeux Tartare,
là où est le plus profond abîme sous la terre ; et alors il saura à
quel point je suis le plus puissant de tous les dieux ! Allez
maintenant, ô dieux, tâchez à faire une épreuve, pour vous rendre
compte ! Descendez du ciel un câble d'or, et tirez-le tous, dieux et déesses
: vous ne parviendrez pas à précipiter du ciel sur la terre votre
souverain, si assidûment que vous y travailliez ! Tandis que moi,
s'il me venait à l'idée de pousser de toutes mes forces, alors je vous
entraînerais avec tout l'ensemble de la terre et des eaux : après quoi
je lierais la corde autour de l'un des sommets de l'Olympe, et ainsi
toutes choses resteraient suspendues dans l'air ; tant il est vrai que
je suis au-dessus des dieux et des hommes ! »
Désormais,
Hector, grâce à l'appui de Jupiter, recommence à répandre le carnage
parmi les Grecs ; et vainement Minerve intercède pour ceux-ci,
vainement Junon menace son mari d'entraver son action. Jupiter lui prédit
que, le lendemain. une défaite plus cruelle encore atteindra ses protégés.
Et c'est la même promesse que fait aux Troyens l'invincible Hector,
lorsque, à la tombée du soir, il les rassemble sur la place de Troie,
et les félicite de leurs exploits durant cette journée.
Chant IX. — Cependant
les Grecs sont atterrés et frappés d'épouvanté. Dans leur conseil,
ce soir-là, Nestor reproche à Agamemnon sa conduite envers Achille,
qui a privé les Grecs de l'appui du plus vaillant d'entre eux ; et
Agamemnon, après avoir déploré sa folie, promet de donner à Achille,
en plus de la belle Briséis qu'il va lui restituer, toute sorte de présents
merveilleux, si le héros consent à se relâcher de sa colère. Aussitôt
Ulysse et le vieux Phénix se rendent auprès d'Achille, qu'ils trouvent
assis sous sa tente, occupé à chanter en s'accompagnant sur une lyre
d'argent. Le héros souhaite la bienvenue à ses visiteurs, et, avant de
les écouter, leur fait servir un repas fastueux. |
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