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Priam exhorte et décide Hélène à
promettre qu'elle suivra docilement le vainqueur du combat. Et bientôt
celui-ci s'engage, et Ménélas est déjà sur le point d'accabler Paris,
lorsque Vénus, reconnaissante au beau jeune homme qui l'a, naguère,
proclamée la plus belle, l'enlève au milieu d'un brouillard, le
transporte dans son palais, et contraint Hélène à venir l'y rejoindre.
Chant IV. — Toujours désireuse
de perdre les Troyens, Minerve apparaît à l'un d'entre eux, Pandarus,
sous la forme d'un guerrier, et l'engage à se couvrir de gloire en
blessant Ménélas ; après quoi elle fait en sorte que la blessure
infligée au mari d'Hélène ne réussisse qu'à effleurer ses chairs ; et le
guerrier Machaon, fils d'Esculape, n'a point de peine à le remettre sur
pied. Mais la tentative de Pandarus n'en a pas moins produit l'effet
voulu : excités encore par les discours d'Agamemnon, les Grecs se
préparent à reprendre le combat ; et d'innombrables guerriers tombent,
de part et d'autre.
Chant V. — Presque tout ce chant est
consacré aux exploits du vaillant Diomède, fils de Tydée. En vain Énée,
fils d'Anchise, et l'audacieux Pandarus s'efforcent d'arrêter ses coups
: Pandarus est tué, et Énée, blessé, périrait à son tour si sa mère
Vénus ne se hâtait point de l'emporter hors du combat.
Ainsi elle emportait son cher
fils hors du combat. Mais Sthénélos, le fils de Capanée, entraîna ses
propres chevaux bien ferrés à l'écart du tumulte, attachant étroitement
les rênes au rebord du char, et s'élança sur les chevaux magnifiques
d'Énée, et les enleva aux Troyens pour les attirer vers les Grecs, et en
fît présent à Déipyle, son cher compagnon, qu'il estimait par-dessus
tous les autres amis de son âge, en raison de la similitude de leurs
caractères ; et il lui enjoignit de les emmener vers les navires creux.
Puis le héros remonta dans son propre char, reprit les rênes brillantes,
et aussitôt fit avancer ses chevaux fortement ferrés afin de rejoindre
Diomède.
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Or,
celui-ci, avec son arme impitoyable, s'était précipité sur Vénus,
sachant à quel point elle était une déesse sans courage, et pas du
tout de celles qui possédaient la maîtrise à combattre en
guerre,—bien différente de Minerve ou d'Enyo dévastatrice de cités.
Et quand il l'eut poursuivie à travers la foule épaisse et fut arrivé
sur elle, alors le vaillant fils de Tydée projeta sa lance acérée, et
blessa la peau de la faible main de Vénus ; par dessous le voile
d'ambroisie que les Grâces elles-mêmes avaient tissé pour elle, il
enfonça la pointe dans la chair, au-dessus de la naissance de la paume.
Et alors coula le sang immortel de la déesse, ce fluide qui circule
dans les veines des augustes dieux : car ceux-là ne mangent pas de pain
ni ne boivent du vin, en conséquence de quoi ils n'ont point de sang,
et sont nommés immortels. Et Vénus, avec un grand cri, laissa tomber
son fils, qu'Apollon prit aussitôt dans ses bras et se hâta d'enlever
au milieu d'un nuage, par crainte qu'aucun des Grecs aux chevaux agiles
n'enfonçât sa lance dans la poitrine d'Énée et ne lui ôtât la vie.
Mais Diomède à la voix sonore, debout sur Vénus, lui cria :
«
0 fille de Jupiter, abstiens-toi désormais de guerre et de combats !
N'est-ce pas assez que tu séduises les faibles femmes ? Que si ta veux
encore te mêler à la bataille, en vérité je te promets que tu frémiras
au seul nom d'un combat, même en l'entendant de loin ! »
Ainsi il parla, et elle s'éloigna, tout étonnée et
cruellement affligée ; et Iris à la démarche aérienne la saisit et
l'entraîna hors de la mêlée, toujours souffrant de la plaie qui
tachait sa peau merveilleuse.
Pareillement encore, Diomède
frappe le dieu Mars, qui s'était jeté dans la mêlée afin de venger
sa sœur. Et pendant ce temps le Troyen Hector, de son côté, abat un
nombre presque égal de guerriers parmi les Grecs ; et ceux-ci
risqueraient même de périr jusqu'au dernier sans l'appui infatigable
que leur prête Minerve.
Chant
VI. — Nous assistons maintenant à d'autres épisodes de la terrible
bataille ; et, tout d'abord, Diomède, après avoir encore tué
plusieurs chefs troyens, s'apprête à tourner sa fureur guerrière
contre Glaucus, fils d'Hippoloche, lorsque se produit entre eux une
reconnaissance imprévue.
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