Livre XXI
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JEU   DE   L'ARC.

 

inerve, la déesse aux yeux d'azur, inspire à la prudente Pénélope la pensée de placer l'arc et les bagues dans le palais d'Ulysse, et de proposer aux prétendants cette fatale épreuve qui doit être cause de leur trépas.

 
 Pénélope amène l'arc.

Lorsque Pénélope, la plus noble des femmes, est arrivée devant la porte de la salle où sont renfermés les trésors, elle s'arrête sur le seuil de chêne qu'un artisan habile polit avec soin,.....

..... En achevant ces mots, elle ordonne à Eumée, de déposer l'arc et le fer brillant entre les mains des prétendants. Eumée prend cette arme ;

 
Liodés essaye l'arc.

Arrivé sur le seuil de la porte, il s'arrête et essaie de tendre l'arc ; mais il ne peut y parvenir : ses mains faibles et délicates sont bientôt fatiguées.

« Mes amis, dit-il aux prétendants, je ne pourrai jamais tendre l'arc ; qu'un autre l'essaie à ma place. Mais je crains bien que cette arme prive de la force et de la vie un grand nombre de vaillants guerriers !

 
 Ulysse raconte la chasse et Eumée reconnaît la cicatrice.

Regardez cette cicatrice laissée par la blessure que me fit jadis un sanglier aux dents d'ivoire lorsque je chassais, sur les monts du Parnèse, avec le fils d'Autolycus. »

En disant ces mots, il ouvre ses haillons et leur montre la large cicatrice qu'il portait à la jambe ; les deux pasteurs, en la voyant, la reconnaissent aussitôt. Alors, en pleurant, ils entourent de leurs bras l'ingénieux Ulysse et embrassent avec transport sa tête et ses épaules.

 
Le tir d'Ulysse

Le héros, satisfait de cet augure, prend une flèche légère qui était sur la table ( les autres traits étaient encore dans le carquois profond d'où ils ne devaient sortir que pour la perte des prétendants) ; puis il saisit l'arc par le milieu et attire le nerf placé sur l'entaille de la flèche.