|

RETOUR
DE TÉLÉMAQUE
A ITHAQUE. |
|
e
lendemain, dès que brille la matinale
Aurore aux doigts de rosé,
Télémaque, le fils chéri d'Ulysse, attache à ses pieds de riches
brodequins, s'empare d'une lance
solide qu'il maniait avec grâce,
et dit au chef des pasteurs : |
|
Prédiction
de Télémaque |
«
Hélas ! c'est donc dans la couche de cet homme vaillant
qu'ils
ont voulu
reposer, ces lâches insensés ! Mais,
ainsi qu'un lion courageux, rentrant dans
son antre, égorge
sans pitié de jeunes
faons
encore à la mamelle, qu'a déposés au fond d'une caverne une
biche qui parcourt les montagnes et paît dans les prairies : tel
Ulysse, rentrant dans ses foyers, préparera une mort cruelle à tous
ces prétendants !
 |
|
Ulysse
retrouve Argos |
« Hélas ! c'est le chien de ce héros qui est mort loin de nous ! S'il
était encore tel qu'Ulysse le laissa quand il partit pour les champs
troyens, tu serais étonné de sa force et de son agilité. Nulle
proie n'échappait à sa vitesse lorsqu'il la poursuivait dans les profondeurs des épaisses forêts : car ce chien excellait à connaître
les traces du gibier.

Maintenant il languit accablé de maux ; son maître
a péri loin de sa patrie, et les esclaves, devenues négligentes,
ne prennent aucun soin de ce pauvre animal !
|
|
Eumée donne
de la nourriture à Ulysse |
Le
pasteur s'éloigne après avoir entendu ces paroles ; il s'approche
d'Ulysse et lui dit :
«
Étranger, voilà ce que te donne Télémaque ; il t'ordonne de
parcourir
en mendiant la troupe des
prétendants ; car,
dit-il, la
honte ne sied pas à celui qui est pauvre. »
|
|
Ulysse
blessé par un escabeau |
Aussitôt
il saisit une escabelle, la jette avec force, et atteint
Ulysse
à l'extrémité
de l'épaule droite ; le héros
reste immobile comme un rocher, et ne chancelle
point ; il secoue seulement la
tête
en silence et médite la mort des prétendants ; puis il va s'asseoir
sur le seuil, met à ses pieds sa besace qu'on vient de remplir,
et dit aux convives :
 |
|
 |
|
|