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CHARYBDE.-SCYLIA. |
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orsque
notre navire a quitté
les courants du fleuve Océan, il
rentre dans les flots de la vaste
mer et touche à l'île
d'Ea, où sont le palais et
les chœurs de la divine Aurore et le lever de
l'éblouissant Soleil. Mes compagnons
tirent alors le vaisseau sur
le sable, puis ils s'endorment près des bords de la mer, en
attendant l'aube du jour. |
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Charybde |
A son sommet s'élève un figuier
chargé de feuilles ; au-dessous de ce figuier est la formidable
Charybde, qui engloutit sans cesse l'onde noire : trois fois par et trois fois encore elle l'avale
en poussant
des mugissements effroyables.
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Scylla |

Alors, portant mes regards sur mon navire,
je n'aperçois
plus ces compagnons fidèles, mais je vois leurs pieds et leurs mains
s'agitant dans les airs. Ces guerriers m'implorent tour à tour et
m'appellent pour la dernière fois ! — Lorsque, sur un roc élevé, le
pêcheur, armé d'un long roseau, prépare un appât trompeur aux
faibles habitants des ondes, il lance dans la mer la corne d'un bœuf
sauvage, et bientôt il enlève un poisson palpitant qu'il jette
ensuite sur le sable : ainsi mes chers compagnons sont enlevés
tout palpitants et précipités ensuite contre le rocher ! |
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Euryloque donne un conseil funeste |
«
Écoutez-moi, vous qui avez souffert tant de maux ! Le trépas,
sous
quelque forme qu'il se présente, est affreux aux malheureux mortels
;
mais mourir de faim est encore tout ce qu'il y a de plus horrible
!
Venez donc choisir les plus beaux animaux consacrés au
et sacrifions les aux
immortels qui

habitent
les vastes régions
célestes. Si nous revoyons Ithaque, notre chère patrie, nous
élèverons au dieu du jour un temple superbe que nous enrichirons
d'offrandes précieuses et magnifiques. Mais si le fils d'Hypérion,
irrité de la perte de ses génisses
aux cornes élevées, veut briser notre navire, et si les
autres dieux s'unissent à sa vengeance, j'aime encore mieux, en une seule fois, perdre la vie au
milieu
des flots que de périr lentement dans cette île déserte ! » |
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Ulysse
échappe à Charibde |

Je m'élance
alors sur un haut figuier, et j'y
reste fortement attaché. Je
ne pouvais ni me reposer sur mes pieds,
ni m'élever plus haut, car les racines de cet arbre étaient éloignées, et les longues branches qui ombrageaient l'abîme étaient
à une très-grande hauteur.
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