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RECITS
CHEZ ALCINOUS. |
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e
prudent Ulysse répond à Alcinoüs
en ces termes :
« Certes il est doux d'entendre un
tel chanteur, qui, par ses accents,
est égal aux immortels. Non, rien
n'est plus beau que la joie qui règne
parmi tout un peuple. Il est agréable
aussi de voir des convives, assis en ordre devant des tables chargées de pain et de viandes, écouter un chanteur, tandis que l'échanson
puise le vin dans
le cratère et le verse dans les coupes.
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La tempête
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Alors Jupiter, le dieu qui commande aux
nuages, nous envoie le Borée accompagné d'une
affreuse tempête,
et il cache sous d'épaisses nuées la terre et les ondes :

tout
à coup une
nuit affreuse tombe du ciel. Nos vaisseaux sont emportés
à travers les mers, et les voiles sont déchirées en lambeaux par
la violence des vents. |
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L'aveuglement de Polyphème |
Ainsi, lorsqu'un
artisan perce avec une tarière la poutre d'un navire, et
qu'au-dessous de lui d'autres ouvriers, tirant une
courroie des deux côtés, font continuellement mouvoir l'instrument :
de même nous faisons tourner le pieu dans l'œil du Cyclope.

Tout autour de la pointe enflammée le sang ruisselle ; une ardente
vapeur dévore les sourcils et les paupières du géant ; sa prunelle est
consumée, et les racines de l'œil pétillent, brûlées par les flammes. |
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Polyphème aveugle
sort ses moutons et parle à son bélier |

Cher
bélier,
puisque tu partages mes peines,
que n'es-tu doué de la parole pour me dire où cet homme se dérobe
à ma fureur ! Je briserais alors
son crâne contre le sol ; sa cervelle se répandrait de toutes parts dans
ma caverne, et mon cœur serait soulagé de
tous les maux que m'a causés
Personne, cet homme sans valeur ! »
En achevant ces paroles il laisse sortir l'animal. Quand nous
sommes à quelque distance de la grotte je quitte le premier la
laine du bélier et je délie ensuite mes compagnons. |
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Polyphème
jette des rochers sur le vaisseau d'Ulysse |
Le Cyclope
saisissant de nouveau une roche plus lourde encore que la
première, la balance dans les airs et la jette
avec force loin de
lui
:

cette
masse tombe derrière mon navire à la proue azurée
et longe l'extrémité du gouvernail.
La mer est bouleversée par
la chute de cette roche énorme ; les vagues émues poussent le
navire en avant et le portent vers
la rive. |
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