Livre V
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 LE RADEAU D'ULYSSE

 

a déesse Aurore quitte la couche du beau Tithon, pour apporter la lumière aux hommes et aux dieux. Les immortels  assemblés sont assis sur leurs trônes ; au milieu d'eux est le fils de Saturne, Jupiter, qui tonne du haut des deux, et dont la puissance est infinie. Minerve, pensant à Ulysse, retrace les nombreuses souffrances de ce héros ; elle songe avec douleur que le fils de Laërte est encore retenu dans les demeures de la nymphe Calypso.

 
Les plaintes d'Ulysse

Mercure ne trouve point le magnanime Ulysse au pied de la déesse ; ce héros, assis sur le rivage, poussait de longs gémissements.

 
Ulysse construit un radeau

De même qu'un habile charpentier forme le plancher d'un long vaisseau de transport, de même Ulysse construit son vaste radeau.

Puis il place tout alentour de cet esquif des madriers qu'il consolide par de nombreuses poutres, et il termine son œuvre en joignant de larges planches les unes aux autres.

 
La tempête et le voile de Leucothée

   « Malheureux ! pourquoi Neptune est-il si violemment irrité contre toi ? Pourquoi te prépare-t-il des maux si grands et si terribles ?  Non, malgré son désir, il ne te perdra pas ! Fais ce que je vais te dire (car tu ne me parais point manquer de prudence). Quitte tes habits, abandonne aux vents ton radeau, et, gagne, en nageant avec force, le pays des Phéaciens où le destin veut que tu sois sauvé ; puis entoure ta poitrine de ce voile sacré, et désormais tu n'auras à craindre ni les souffrances, ni la mort. 

 
 Le repos d'Ulysse

  Là il se blottit sous deux arbustes qui croissaient ensemble : l'un était un olivier franc, l'autre un olivier sauvage ; jamais le souffle des vents impétueux et humides n'arriva sous cet ombrage ; jamais le brillant soleil ne le frappa de ses rayons, et jamais  a pluie n'y pénétra, tant ces arbres étaient touffus et fortement entrelacés.....

..... De même que l'habitant d'un champ situé loin de tout voisinage ensevelit un tison dans la cendre grisâtre, afin de conserver le germe du feu ; car il ne pourrait ailleurs trouver une seule étincelle : de même le héros s'ensevelit dans les feuilles. — Alors Minerve répand un doux sommeil sur les yeux du divin Ulysse pour le délasser de ses pénibles travaux.