Ulysse
et Télémaque, unissant leur vaillance,
Courent
aux premiers rangs ; du glaive et de la lance
Ils
frappent et,
vaincus par leurs bras
meurtriers,
Tous
expiraient, aucun n'eût revu ses foyers,
Si
la fille du dieu qui balance l'égide
N'eût
calmé par sa voix cette ardeur homicide :
« 0
citoyens d'Ithaque ! Apaisez ce courroux.
«
Trêve à ce long carnage ! Allez ! Séparez-vous.
« Ils
pâlissent de crainte, et soudain leurs épées,
Aux
accents de Pallas, de leurs mains échappées,
Tombent.
Impatients de conserver leurs jours,
Ils
ont fui vers les murs ; mais Ulysse toujours,
Poussant
des cris affreux, comme un aigle rapide
S'élance
et les poursuit d'une course intrépide.
Le
monarque des cieux jusqu'aux pieds de Pallas
De
sa brûlante foudre a jeté les éclats ;
Alors,
vers le héros Pallas tournant sa tête :
« 0
fils du vieux Laërte : 0 brave Ulysse ! arrête ! »