Vingtieme Rhapsodie

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Ulysse couché dans le vestibule voit les amours des prétendants

A l'ombre du portique, Ulysse d'un taureau,

 Toute grossière encore, étend la vaste peau ;

 De nombreuses brebis par les Grecs égorgées

 Les toisons au-dessus s'entassent allongées ;

 Lorsque Eurynome enfin d'un manteau l'a couvert,

 C'est là que le héros médite, l'œil ouvert,

 De ces fiers ennemis la ruine prochaine.

 Loin du riche palais les femmes de la reine

 Qu'aux prétendants unit l'impure volupté,

 Précipitent leurs pas errants de tout côté ;

 Des ris immodérés font éclater leur joie.

 La grande âme d'Ulysse au courroux flotte en proie.

 S'élançant tout à coup, doit-il trancher leurs jours,

 Ou d'un œil patient voir leurs dernières amours ?

 Il rugit en son sein. La lice frémissante,

 Ardente à protéger sa famille naissante,

 Contre un homme inconnu provoque les combats ;

 Tel Ulysse, indigné de ces vils attentats,

 Palpite de colère, et, frappant sa poitrine,

 Réprimande son cœur dont l'orgueil se mutine :

 « Mon cœur, modère-toi ! tu souffrais plus, hélas ! »