A
l'ombre du portique, Ulysse d'un taureau,
Toute
grossière encore, étend la vaste peau ;
De
nombreuses brebis par les Grecs égorgées
Les
toisons au-dessus s'entassent allongées ;
Lorsque
Eurynome enfin d'un manteau l'a couvert,
C'est
là que le héros médite, l'œil ouvert,
De
ces fiers ennemis la ruine prochaine.
Loin
du riche palais les femmes de la reine
Qu'aux
prétendants unit l'impure volupté,
Précipitent
leurs pas errants de tout côté ;
Des
ris immodérés font éclater leur joie.
La
grande âme d'Ulysse au courroux flotte en proie.
S'élançant
tout à coup, doit-il trancher leurs jours,
Ou
d'un œil patient voir leurs dernières amours ?
Il
rugit en son sein. La lice frémissante,
Ardente
à protéger sa famille naissante,
Contre
un homme inconnu provoque les combats ;
Tel
Ulysse, indigné de ces vils attentats,
Palpite
de colère, et, frappant sa poitrine,
Réprimande
son cœur dont l'orgueil se mutine :
«
Mon cœur, modère-toi ! tu souffrais plus, hélas ! »