Dix-neuvieme Rhapsodie

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Chasse au sanglier sur le Parsène

 Des agiles chasseurs, des chiens impétueux

 Quand l'animal entend les pas tumultueux,

 Tout à coup, échappé de sa retraite obscure,

 A leur vue il paraît ; tous les poils de sa hure

 Se hérissent ; la flamme éclate dans ses yeux,

 Et d'un air menaçant il s'arrête près d'eux.

 Ulysse qui brandit sa longue et forte lance,

 Brûle de le frapper et le premier s'élance.

 Le monstre le prévient, s'avance obliquement,

 Au-dessus du genou, de colère écumant,

 Lui déchire la peau d'un coup de sa défense ;

 Mais l'os du choc mortel n'éprouve pas l'offense.

 Dans son épaule droite Ulysse furieux

 De la lance a plongé l'airain victorieux ;

 La pointe dans son corps s'enfonce tout entière ;

 Le monstre roule, tombe et meurt sur la poussière.
 

Euryclée en lavant les pieds d'Ulysse le reconnaît

 Elle verse une eau froide et, pour remplir ses flancs,

 Épanche par-dessus des flots encor brûlants.

 Assis près du foyer, vers le côté de l'ombre,

 Le héros se retourne, et cherche un abri sombre ;

 Car tout en le baignant, la nourrice pourrait

 Découvrir sa blessure et trahir son secret.

 Elle approche pourtant, lave les pieds d'Ulysse

 Et bientôt reconnaît sa vieille cicatrice.