Ulysse,
transformant ses haillons en ceinture,
Dans
leur mâle beauté découvre devant eux
Sa
poitrine, son dos et ses deux bras nerveux
Au
pasteur des humains Pallas toujours fidèle
S'approche
et le revêt d'une force nouvelle.
D'étonnement
saisis, les chefs de toutes parts
Disent
en s'envoyant de mutuels regards :
«
La lutte au pauvre Irus sera bientôt fatale.
«
Quels membres vigoureux ce vieillard nous étale ! »
«L'un
et l'autre à la fois se dressent dans la lice ;
Près
de l'épaule droite Irus atteint Ulysse,
Qui
non loin de l'oreille, en fracassant ses os,
Le
frappe dans le cou : de sa bouche à longs flots
Un
sang rouge a jailli ; sur l'aride poussière
Il
laisse en mugissant rouler sa masse entière ;
Ses
dents s'entre-choquant se brisent ; ses talons
Bondissent
agités dans les poudreux sillons.
Les
chefs, levant les mains, se meurent tous de rire,
Le
vainqueur prend Irus et par les pieds le tire.