Dix -huitieme Rhapsodie

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Irus terrassé par Ulysse

Ulysse, transformant ses haillons en ceinture,

 Dans leur mâle beauté découvre devant eux

 Sa poitrine, son dos et ses deux bras nerveux

 Au pasteur des humains Pallas toujours fidèle

 S'approche et le revêt d'une force nouvelle.

 D'étonnement saisis, les chefs de toutes parts

 Disent en s'envoyant de mutuels regards :

 « La lutte au pauvre Irus sera bientôt fatale.

 « Quels membres vigoureux ce vieillard nous étale ! »

 «L'un et l'autre à la fois se dressent dans la lice ;

 Près de l'épaule droite Irus atteint Ulysse,

 Qui non loin de l'oreille, en fracassant ses os,

 Le frappe dans le cou : de sa bouche à longs flots

 Un sang rouge a jailli ; sur l'aride poussière

 Il laisse en mugissant rouler sa masse entière ;

 Ses dents s'entre-choquant se brisent ; ses talons

 Bondissent agités dans les poudreux sillons.

 Les chefs, levant les mains, se meurent tous de rire,

 Le vainqueur prend Irus et par les pieds le tire.