Je
suis le noble Ulysse, et Laërte est mon père ;
De
mes ruses partout le bruit remplit la terre,
Et
l'éclat de ma gloire a monté jusqu'aux cieux.
J'habitais
au couchant le sol de mes aïeux,
Ithaque,
où le Nérite aux superbes ombrages
Entend
les vents frémir dans ses mouvans feuillages,
En
face de l'aurore, et du soleil naissant.
Les
îles de ces mers, à l'entour se dressant,
Samé,
Dulichium et la verte Zacynthe
Arrondissent
après leur circulaire enceinte...
Ithaque
dont le front, vers l'occident penché,
Reste
au niveau des flots, timidement couché,
Sur
son aride bord, qui de rocs se hérisse,
D'une
forte jeunesse est la vieille nourrice.
Aucun
autre pays à mes yeux n'est plus doux.
Long-temps,
me désirant pour son fidèle époux,
Calypso
m'enchaîna dans sa grotte profonde :
Long-temps
Circé, déesse en astuces féconde,
Dans
ses palais d'Ea me retint, et mon cœur,
Tenté
par leur amour, en demeura vainqueur.
Toujours
chaque mortel dans son âme attendrie.
Préfère
ses parents, et sa chère patrie
Quand
bien même il vivrait, riche de tous les biens,
Sur
la terre étrangère exilé loin des siens.