Huitieme Rhapsodie

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Ulysse devant le temple de Minerve

La clarté du soleil déjà s'est retirée,

 Et dans la vaste enceinte, à Pallas consacrée,

 Tous parviennent ; c'est là que le pieux héros

 Assis, vers la Déesse a fait monter ces mots.

 Daigne entendre mes vœux, ô toi, fille intrépide

 Du monarque puissant qui balance l'égide !

 Tu ne m'écoutas point, quand un destin jaloux

 Me livra pour jouet à Neptune en courroux.

 Que ce peuple étranger à mes maux compatisse

 Qu'il m'accueille en ami !
 

Démocos chante la prise de Troie

Tiens ! héraut, que soudain ta main obéissante

 Porte à Démodocus cette chair nourrissante.

 Bien que le sort me voue à des maux éternels,

 Dis-lui que je l'honore. Entre tous les mortels

 Ses pareils en effet méritent notre hommage ;

Une muse divine inspire leur langage ;

 Une muse chérit la tribu des chanteurs.

………………………………………….

Tourné vers le vieillard, Ulysse parle encore ;

 C'est toi, Démodocus ! toi qu'avant tous j'honore ;

 Une céleste Muse et peut-être Apollon

 D'un talent merveilleux te prodigua le don.