Chant XVIII

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Thétis et ses Neréides

Ayant ainsi parlé, elle quitta son fils et dît à ses sœurs de la mer :

      -Rentrez à la hâte dans le large sein de la mer, et retournez dans les demeures de notre vieux père, et dites-lui tout ceci. Moi, je vais dans le vaste Olympos, auprès de l'illustre ouvrier Hèphaïstos, afin de lui demander de belles armes splendides pour mon fils.

  Elle parla ainsi, et les Néréides disparurent aussitôt sous l'eau de la mer, et la Déesse Thétis aux pieds d'argent monta de nouveau dans l'Olympos, afin d'en rapporter de belles et illustres armes pour son fils.

 
Héra ordonne au soleil de se coucher
Et la vénérable Hèrè aux yeux de bœuf commanda à l'infatigable Hélios de retourner aux sources d'Okéanos, et Hélios disparut à regret ; et les divins Akhaiens mirent fin à la mêlée violente et à la guerre lamentable. Et les Troiens, abandonnant aussi le rude combat, délièrent les chevaux rapides, et ils s'assemblèrent pour l'agora, avant le repas.
 

Thétis et Eurynome recueillent Héphaïstos

Que de douleurs j'eusse endurées alors, si Thétis, et Eurynomè, la fille d'Okéanos au reflux rapide, ne m'avaient reçu dans leur sein ! Pour elles, dans leur grotte profonde, pendant neuf ans, je forgeai mille ornements, des agrafes, des nœuds, des colliers et des bracelets. Et l'immense Fleuve Okéanos murmurait autour de la grotte. Et elle n'était connue ni des Dieux, ni des hommes, mais seulement de Thétis et d'Eurynomè qui m'avaient sauvé.
 
Héphaïstos demande à Thétis le motif de sa visite

Il mit une tunique, prit un sceptre énorme et sortit de la forge en boitant. Et deux servantes soutenaient les pas du Roi.

  Elles étaient d'or, semblables aux vierges vivantes qui pensent et parlent, et que les Dieux ont instruites. Soutenu par elles et marchant à pas lourds, il vint s'asseoir auprès de Thétis, sur un thrône brillant. Et il prit les mains de la Déesse et lui dit :