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Ils trouvent dans un val, en un lieu découvert,
la maison de Circé aux
murs de pierres lisses et, tout autour,
changés en lions
et en loups de montagne,
les hommes qu'en leur donnant sa drogue,
avait ensorcelés la perfide déesse. A
la vue de
mes gens, loin de les assaillir, ces animaux se
lèvent et, de leurs longues queues en orbes, les
caressent... |

polites.
Mes amis, écoutez ce chant d'une
voix fraîche ! on tisse là-dedans, devant un grand
métier : tout le sol retentit : femme ou
déesse ?...
allons ! crions sans plus tarder !
Il dit : tous, de crier aussitôt leur appel.
Elle accourt, elle
sort, ouvre sa porte reluisante et les invite ; et voilà tous mes fous
ensemble qui la
suivent |
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Je disais, et Circé, sa
baguette à la main, traverse la grand'salle et va ouvrir les tects. Elle
en tire mes gens : sous leur graisse,
on eût dit des porcs de neuf
printemps... Ils se dressent debout, lui présentent la face ; elle passe en
leurs rangs et les frotte, chacun, d'une drogue, nouvelle :
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je vois se détacher, de
leurs membres, les soies qui les avaient couverts, sitôt pris le poison de
l'auguste déesse.
De
nouveau, les voilà redevenus des
hommes, mais plus jeunes, plus beaux et
de plus grande mine. |
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Je disais et, suivant mon ordre, elle jura.
Quand elle eut prononcé et scellé le serment, je montai sur le lit somptueux
de Circé. |
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circé. Allons, ne poussez plus tant de
gémissements!...
Oh!
je sais tous les maux que
vous avez soufferts sur la mer aux
poissons ou, par la cruauté des hommes, sur la côte ! Mais
prenez de ces mets et buvez de ce
vin,
afin de retrouver en vous le même cœur
qui,
jadis,
vous
a fait quitter le sol natal,
votre
rocher
d'Ithaque...
Vous voilà sans élan et
l'âme
anéantie,
vous
rappe-lant sans fin vos
tristes
aventures, ne goûtant
plus la joie,
à force de souffrir !
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