Chant XXIV
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Priam

 

Il dit, et le vieillard enjoignit à une intendante de lui verser sur les mains de l'eau pure. La servante approcha, tenant à la fois dans ses mains la cuvette et l'aiguière. Après s'être lavé, Priam reçut la coupe que lui tendait son épouse ; puis, debout au milieu de la cour, il pria, versa le vin en regardant vers le ciel, prit la parole et dit à haute voix :

     

   — Zeus Père, toi qui protèges du haut de l'Ida, très glorieux, très grand ! donne-moi d'arriver chez Achille en hôte ami et digne de pitié ! Envoie sur ma droite, rapide messager, l'oiseau qui t'est le plus cher des oiseaux et celui dont la force s avère la plus grande, afin qu'après l'avoir de mes yeux reconnu, je puisse, rassuré par sa vue, aller jusqu'aux vaisseaux des Danaens aux rapides chevaux.»

 
La supplique de Priam à Achille

   Le vieillard se dirigea tout droit vers l'habitation, à l'endroit où se plaisait à s'asseoir Achille aimé de Zeus. Il le trouva chez lui. Ses compagnons restaient assis à distance. Deux seulement, le héros Automédon et Alcimos rejeton d'Arès, près de lui s'affairaient. Il venait depuis peu d'achever son repas, ayant mangé et bu. La table était encore dressée auprès de lui. Le grand Priam entra sans être vu par eux, s'arrêta près d'Achille, de ses mains lui saisit les genoux,