Chant XII
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Tandis que le vaillant fils de Ménoetios soignait sous la tente Eurypyle blessé, Argiens et Troyens combattaient en corps.

 

    Ayant ainsi parlé, il prit la tête des troupes, et les Troyens le suivirent au milieu d'une clameur prodigieuse. Zeus lance-foudre fit alors lever des cimes de l'Ida une bourrasque de vent qui porta la poussière tout droit sur les vaisseaux. Il découragea l'esprit des Achéens et accorda la gloire aux Troyens et à Hector. Les Troyens, dès lors, rassurés par les prodiges de Zeus et confiants en leurs forces,

 

 essayaient de briser le grand mur achéen. Ils retiraient du rempart les poutres en saillie, faisaient crouler les parapets, et ébranlaient avec des leviers les piliers boutants, qu'en avant du rempart les Achéens avaient enfoncés dans la terre pour étayer le mur ; ils les tiraient à eux, espérant ainsi renverser le rempart.

 

 

      

    Ainsi parla-t-il. Et les Lyciens, appréhendant les objurgations de leur roi, chargèrent avec plus de vigueur autour de leur  maître et de leur conseiller. Les Argiens, d'autre part, raffermissaient leurs phalanges en deçà du mur. Rude apparut alors la tâche aux deux partis. Les valeureux Lyciens, en effet, ne pouvaient pas, après avoir fait brèche dans le mur des Danaens, s'ouvrir un chemin vers les nefs, et les piquiers danaens ne pouvaient pas de ce mur, une fois qu'ils s'en furent tout d'abord approchés, repousser les Lyciens.