Chant III
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Lorsque les combattants de l'une et l'autre année furent avec leurs chefs mis en rang de bataille, les Troyens s’avancèrent, jetant cris et clameurs, comme des oiseaux. On aurait dit les cris qui montent à la face du ciel, lorsque les grues, fuyant l’hiver et les pluies excessives, volent en clamant vers le cours de l'Océan, portant aux Pygmées le meurtre et le trépas ; elles annoncent, dans la buée du matin, la funeste discorde.

 

    Ainsi parla-t-il. Les Achéens et les Troyens se réjouirent à la pensée que cette guerre déplorable allait se terminer. Ils arrêtèrent leurs chevaux sur les lignes, descendirent de leurs chars, se dépouillèrent de leurs armes, les mirent à terre, les unes près des autres, car peu de champ se trouvait entre les deux armées.

 

Hector expédia deux hérauts vers la ville, pour promptement apporter les agneaux et convoquer Priam. De son côté, le puissant Agamemnon envoya Talthybios auprès des vaisseaux creux, lui ordonnant d'apporter un agneau. Et le héraut ne désobéit pas au divin Agamemnon.

 
Ménélas blesse Pâris

    Il dit ; et, brandissant sa pique à l'ombre longue, il la projeta ; l'arme atteignit le bouclier arrondi du fils de Priam. Elle pénétra dans le brillant bouclier la forte pique, et s'enfonça dans la cuirasse habilement ouvrée.

 
Hélène rejoint Pâris

  

  — Viens, Alexandre t'appelle et te demande de revenir chez toi. Il t'attend dans sa chambre, sur le lit fait au tour, où sa beauté reluit autant que sa parure. Tu ne dirais pas qu'il vient de combattre un guerrier, mais qu'il s'en va danser, ou bien qu'il se repose, après avoir dansé. »