Chant II
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Les autres dieux et les hommes qui combattent sur char dormirent toute la nuit. Mais le sommeil invincible ne possédait point Zeus. Il s'inquiétait en son âme des moyens d'honorer Achille, et de faire périr auprès de leurs vaisseaux grand nombre d’Achéens. Et ce fut cette résolution qui lui parut la meilleure en son cœur : dépêcher vers Agamemnon l'Atride, le Songe pernicieux.

 

 

    

 — O mes amis, conducteurs et conseillers des Argiens, si quelque autre des Achéens nous eût rapporté ce songe, nous pourrions affirmer que c'est une illusion, et c'est résolument que nous l'écarterions. Mais l'homme qui l'a vu se vante avec éclat d être le plus brave d'entre les Achéens. Allons ! examinons si nous pourrons armer les fils des Achéens.  »

 

 
Les vaisseaux grecs

  

     Ainsi parla-t-il. Les Argiens poussèrent alors une grande clameur, comme la vague sur un rivage escarpé, toutes les fois que le  Notos arrive et la projette contre un roc avancé, roc que jamais ne laissent en repos les flots qu'amènent tous les vents, de quelque côté qu'ils viennent à souffler. S'étant alors levés, ils se précipitèrent et se dispersèrent à travers les vaisseaux. Ils firent parmi les tentes monter de la fumée, et prirent leur repas. Chacun offrait un sacrifice à l'un des dieux éternels, lui demandant d'échapper à la mort et aux travaux d'Arès.

 
La grande ville de Priam

       — Vieillard, constamment tu te plais aux discours indécis, comme autrefois en temps de paix. Mais la guerre acharnée vient de se lever. Très souvent je me suis trouvée au milieu des combats que se livrent les hommes ; mais jamais je n'ai vu si grande et si nombreuse armée. Car c'est vraiment comme des feuilles ou bien des grains de sable, qu'ils marchent dans la plaine et viennent vers la ville pour porter la bataille. Hector, c'est à toi surtout que je recommande de faire ce que je vais te dire.

Puisqu'il y a dans la grande ville de Priam de nombreux auxiliaires, et qu'ils parlent des langues différentes, étant de races diverses, que chaque chef signifie ses ordres à ceux qui sont sous son commandement et qu'après avoir disposé leurs rangs, il marche à la tête de ses compatriotes. » Ainsi parla-t-elle. Hector ne méconnut pas la voix de la déesse, et aussitôt il leva l'assemblée.