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Les autres dieux et les hommes qui combattent sur char dormirent
toute la nuit. Mais le sommeil invincible ne possédait point Zeus. Il
s'inquiétait en son âme des moyens d'honorer Achille, et de faire périr
auprès de leurs vaisseaux grand nombre d’Achéens. Et ce fut cette résolution
qui lui parut la meilleure en son cœur : dépêcher vers Agamemnon
l'Atride, le Songe pernicieux. |
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—
O mes amis, conducteurs et conseillers des Argiens, si quelque
autre des Achéens nous eût rapporté ce songe, nous pourrions
affirmer que c'est une illusion, et c'est résolument que nous l'écarterions. Mais l'homme qui l'a vu se vante avec éclat d
être le plus brave d'entre les Achéens. Allons ! examinons si nous
pourrons armer les fils des Achéens. »
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Les vaisseaux
grecs |
Ainsi parla-t-il. Les Argiens poussèrent alors une grande clameur,
comme la vague sur un rivage escarpé, toutes les fois que le Notos
arrive et la projette contre un roc avancé, roc que jamais ne laissent
en repos les flots qu'amènent tous les vents, de quelque côté qu'ils
viennent à souffler. S'étant alors levés, ils se précipitèrent
et se dispersèrent à travers les vaisseaux. Ils firent parmi les
tentes monter de la fumée, et prirent leur repas. Chacun offrait un
sacrifice à l'un des dieux éternels, lui demandant d'échapper à la mort
et aux travaux d'Arès. |
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La grande
ville de Priam |
—
Vieillard, constamment tu te plais aux discours indécis, comme
autrefois en temps de paix. Mais la guerre acharnée vient de
se lever. Très souvent je me suis trouvée au milieu des combats que
se livrent les hommes ; mais jamais je n'ai vu si grande et si nombreuse
armée. Car c'est vraiment comme des feuilles ou bien des
grains de sable, qu'ils marchent dans la plaine et viennent vers la
ville pour porter la bataille. Hector, c'est à toi surtout que je
recommande
de faire ce que je vais te dire.
Puisqu'il y a dans la grande
ville de Priam de nombreux auxiliaires, et qu'ils parlent des langues
différentes, étant de races diverses, que chaque chef signifie ses
ordres à ceux qui sont sous son commandement et qu'après avoir
disposé leurs rangs, il marche à la tête de ses compatriotes. » Ainsi
parla-t-elle. Hector ne méconnut pas la voix de la déesse,
et aussitôt il leva l'assemblée. |
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