
Parmi elles,
Andromaque aux bras blancs commença les plaintes, en tenant dans ses
mains la tête d'Hector meurtrier :
«
Mon mari, tu perds la vie bien jeune, et tu me laisses veuve en ce palais.
Il est encore tout petit, comme à sa naissance, l'enfant que nous avons
eu, toi et moi, infortunés ! Et je ne pense pas qu'il arrive à
l'adolescence ; auparavant cette ville, depuis le faîte, sera renversée.
Car tu as péri, toi, son gardien, qui la tirais d'affaire, et protégeais
ses femmes chastes et ses petits enfants. Elles, bientôt, sans doute,
seront emportées sur les vaisseaux creux, et moi parmi elles ; toi, mon enfant,
ou bien tu me suivras en un pays où tu ferais des tâches
indignes, peinant pour un prince sans douceur ; ou l'un des Achéens te
jettera, t'ayant empoigné, du haut des murailles — triste fin ! —
irrité de ce qu'Hector lui a tué un frère, un père, ou, à lui aussi,
un fils. Bien des Achéens, en effet, sous les mains d'Hector, ont mordu
le sol immense. Car il n'était pas doux, ton père, dans le triste
carnage ! C'est pourquoi
les
gens le pleurent, par la ville ; et indicibles sont les plaintes, le deuil
que
tu causes à tes parents, Hector ! Mais à moi surtout il me restera
douleurs et tristesse.