Chant XXIII

Remonter

   
 Euryale et Ëpéos au combat de ceste.

Les deux adversaires, s'étant ceints, vinrent au centre de l'arène, et, levant en face leurs mains solides, tous deux à la fois, ils tombèrent l'un sur l'autre, et, l'un l'autre, mêlèrent leurs mains pesantes. Terrible était le craquement de leurs mâchoires, et la sueur coulait partout de leurs membres. Le divin Épéos s'élança, et frappa Euryale, quoiqu'il l'épiât, à la joue ; et plus longtemps il ne tint debout, car ses membres brillants défaillirent. Comme, quand Borée agite l'eau, un poisson bondit sur les algues du rivage, et la vague noire le recouvre, ainsi, Euryale, frappé, fut soulevé. Mais le magnanime Ëpéos le prenant dans ses bras, le redressa ; ses compagnons l'entourèrent, et l'emmenèrent à travers l'assemblée, les pieds traînants, crachant un sang épais, la tête rejetée de côté.