Chant XIX

Remonter

   
  Achille met sa nouvelle armure.

Aussi serrés que les flocons de neige volent de chez Zeus, glacés, sous le souffle de Borée, fils de l'Éther, aussi serrés, alors, les casques à l'éclat brillant étaient tirés des vaisseaux, ainsi que les boucliers renflés au centre, les cuirasses aux fortes courbures et les lances de frêne. Leur éclat allait au ciel ; et toute la terre, alentour, riait des éclairs du bronze. Un bruit sourd montait sous les pieds des guerriers. 

Au milieu d'eux s'armait le divin Achille. Ses dents grinçaient ; ses yeux brillaient comme, en un feu, la flamme ; et, en lui-même, son cœur était pénétré d'une douleur intolérable. Courroucé contre les Troyens, il revêtit les présents du dieu, qu'Héphaïstos avait forgés par son travail : les jambarts, d'abord, dont il entoura ses jambes, très beaux, articulés sur des couvre-chevilles d'argent ; en second lieu la cuirasse, dont il revêtit sa poitrine ; sur ses épaules il jeta l'épée ornée de clous d'argent, elle-même en bronze ; puis il prit le bouclier, grand et solide, d'où, visible de loin, naquit une lueur, comme de la lune.