
Il dit, et eux s'élancèrent
plus vivement contre les Argiens. Ajax ne tenait plus ferme, il était
forcé par les traits ; il recula un peu, croyant
mourir, vers un banc de sept pieds, et quitta le tillac du vaisseau bien
équilibré. Là, il resta debout, à l'affût ; et toujours, armé de sa
pique, il écartait les Troyens des vaisseaux, tous ceux qui y portaient
le feu infatigable ; et toujours aussi, en criant terriblement, il
invitait les Danaens :
«
Amis, héros Danaens, servi-teurs d'Arès, soyez hommes, amis, rappelez-vous
votre vaillance impétueuse. Pensons-nous avoir du
secours
à l'arrière, ou quelque mur plus fort, pour défendre les hommes du fléau ?
Il n'y a pas, à proximité, de ville munie de remparts qui puisse
nous défendre, notre peuple reprenant courage. Dans la plaine des Troyens
strictement cuirassés, nous voilà acculés à la mer, loin de notre
patrie. En nos mains est la lumière du salut, non dans notre
mollesse
au combat. »
Il dit, et, plein
d'ardeur, il poussait droit sa pique aiguë. Tout Troyen qui se portait
vers les vaisseaux creux avec le feu ardent, pour plaire à Hector qui l'y
excitait, Ajax le blessait, le recevant avec sa longue pique. Douze,
devant les vaisseaux, furent, de près, blessés par lui.