
Ayant
ainsi parlé, ils revêtirent des armes terribles. Au fils de Tydée, le
belliqueux Thrasy-mède donna un glaive à deux tranchants (le sien était
resté près des vaisseaux) et un bouclier ; sur sa tête il mit un casque
en cuir de taureau, sans cimier, sans
panache, le « casque bas », comme on
l'appelle, qui couvre la tête des jeunes guerriers. Mérion, lui, donna à
Ulysse un arc, un carquois et une épée. Sur sa tête il mit un casque de
cuir ; à l'intérieur, mainte courroie était fortement tendue ; à l'extérieur,
de blanches défenses de sangliers aux défenses brillantes se dressaient en grand nombre, ça et là, habilement rangées ; le
milieu était garni de feutre.
C'était le casque que jadis, dans Eléon, à Amyntor, fils d'Orménos,
ravit Autolycos, quand il força son palais solide. A Scandie, il le donna à Amphidamas de Cythère ; Amphidamas le donna à
Molos, comme gage d'hospitalité, et celui-ci le fit porter à son fils Mérion.
A ce moment ce fut d'Ulysse qu'il protégea et couvrit la tête.
Tous
deux, revêtus de ces armes terribles, marchèrent, et laissèrent là
tous les chefs. A leur droite fut lancé, sur le bord du chemin, un héron,
messager de Pallas Athénè. Leurs yeux ne le virent pas, dans la nuit ténébreuse,
mais ils entendirent son cri.