Chant VIII

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  Les troyens campent, le soir, devant le camp grec.

De la ville ils amenèrent des bœufs et de gros moutons, vite ; le vin au goût de miel, ils l'apportèrent, avec le pain, de leurs maisons; en outre, ils ramassèrent beaucoup de bois  [et ils firent aux immortels des hécatombes parfaites] ; la fumée grasse, de la plaine, portée par le vent, monta jusqu'au ciel [fumée agréable]. Mais les dieux bien-heureux n'en prirent aucune part, n'en voulurent pas. Car ils haïssaient maintenant Ilion la sainte, et Priam, et le peuple de Priam à la forte lance.

Les Troyens, pleins d'orgueil, sur les chemins de la guerre campèrent toute la nuit, et parmi eux brûlaient des feux nombreux. Ainsi quand, dans le ciel, les astres, autour de la lune brillante, apparaissent, éclatants, et qu'il n'y a pas de vent dans l'éther ; on distingue tous les observatoires, les cimes avancées, les vallons ; dans le ciel déchiré se découvre l'éther ineffable, et l'on voit tous les astres, et l'âme du berger se réjouit. Aussi nombreux, entre les vaisseaux et le cours du Xanthe, apparaissaient les feux allumés par les Troyens devant Ilion, Mille feux brûlaient donc dans la plaine, et près de chacun étaient assis cinquante hommes, à la lueur des flammes. Et les chevaux, mangeant l’orge blanche et l'épeautre, debout près des chars, attendaient l'aurore au beau trône.