
De
la ville ils amenèrent des bœufs et de gros moutons, vite ; le vin au
goût de miel, ils l'apportèrent, avec le pain, de leurs maisons; en
outre, ils ramassèrent beaucoup de bois [et ils firent aux immortels des
hécatombes parfaites] ; la fumée grasse, de la plaine, portée par le
vent, monta jusqu'au ciel [fumée agréable]. Mais les dieux bien-heureux
n'en prirent aucune part, n'en voulurent pas. Car ils haïssaient
maintenant Ilion la sainte, et Priam, et le peuple de Priam à la forte
lance.
Les
Troyens, pleins d'orgueil, sur les chemins de la guerre campèrent toute
la nuit, et parmi eux brûlaient des feux nombreux. Ainsi quand, dans le
ciel, les astres, autour de la lune brillante, apparaissent, éclatants,
et qu'il n'y a pas de vent dans l'éther ; on distingue tous les
observatoires, les cimes avancées, les vallons ; dans le ciel déchiré
se découvre l'éther ineffable, et l'on voit tous les astres, et l'âme
du
berger se réjouit. Aussi nombreux, entre les vaisseaux et le cours du
Xanthe,
apparaissaient les feux allumés par les Troyens devant Ilion, Mille feux
brûlaient donc dans la plaine, et près de chacun étaient assis
cinquante hommes, à la lueur des flammes. Et les chevaux, mangeant
l’orge blanche et l'épeautre, debout près des chars, attendaient
l'aurore au beau trône.