Chant III

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Hélène et Pâris sur leur couche

Ayant pour elle pris un siège, Aphrodite amie des sourires vint le placer en face d'Alexandre. Là s'assit Hélène, fille de Zeus porte-égide, en détournant les yeux, et elle apostropha son mari:

« Tu es revenu du combat. Que n'y as-tu péri, dompté par un homme robuste, qui fut mon premier mari! Avant, tu te vantais de l'emporter, sur Ménélas aimé d'Arès, par ta force, ta main, ta pique. Va donc maintenant provoquer Ménélas aimé d'Arès à un nouveau combat, face à face! Mais non, tiens-t'en là, je te le conseille, ne va pas, face au blond Ménélas, livrer et combattre un combat insensé, de peur d'être dompté par sa lance. »

Pâris lui répondit :

« Femme, avec ces dures injures ne blâme pas mon courage. Maintenant Ménélas m'a vaincu, avec l'aide d'Athénè ; demain, ce sera mon tour ; car des dieux nous aident, nous aussi. Mais viens, goûtons de tendres joies sur cette couche. Jamais l'amour n'envahit mes sens (même quand, au début, quittant l'aimable Lacédémone, je t'enlevai, sur mes vaisseaux coureurs de mer, et que, dans l'île de Cranae, je m'unis à toi par la tendresse et la couche) autant que je t'aime aujourd'hui, et qu'un doux désir me saisit. »

Il dit, et le premier alla au lit. Sa femme l'y suivit.