
Ayant pour elle
pris un siège, Aphrodite amie des sourires vint le placer en face d'Alexandre. Là
s'assit Hélène, fille de Zeus porte-égide, en détournant les yeux, et
elle apostropha son mari:
« Tu es revenu du
combat. Que n'y as-tu péri, dompté par un homme robuste, qui fut mon
premier mari! Avant, tu te vantais de l'emporter, sur Ménélas aimé d'Arès,
par ta force, ta main, ta pique. Va donc maintenant provoquer Ménélas
aimé d'Arès à un nouveau combat, face à face! Mais non, tiens-t'en là,
je te le conseille, ne va pas, face au blond Ménélas, livrer et
combattre un combat insensé, de peur d'être dompté par sa lance. »
Pâris lui répondit
:
« Femme, avec ces
dures injures ne blâme pas mon courage. Maintenant Ménélas m'a
vaincu, avec l'aide d'Athénè ; demain, ce sera mon tour ; car des dieux
nous aident, nous aussi. Mais viens, goûtons de tendres joies sur cette
couche. Jamais l'amour n'envahit mes sens (même quand, au début,
quittant l'aimable Lacédémone, je t'enlevai, sur mes vaisseaux coureurs
de mer, et que, dans l'île de Cranae, je m'unis à toi par la tendresse
et la couche) autant que je t'aime aujourd'hui, et qu'un doux désir me
saisit. »
Il
dit, et le premier alla au lit. Sa femme l'y suivit.