Chant I

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  Thétis supplie Zeus

Et quand, à partir de ce jour, parut la douzième aurore, vers l'Olympe allèrent les dieux éternels, tous ensemble, et Zeus à leur tête. Thétis alors n'oublia pas les prières de son enfant. Elle émergea des flots de la mer, et, enveloppée de brume, monta vers le vaste ciel et l'Olympe, Elle trouva le fils de Cronos qui voit au loin assis, à l'écart des autres dieux, sur la plus haute cime de l'Olympe aux nombreuses nuques.

 Devant lui elle s'assit, saisit ses genoux de la main gauche, et, de la droite le touchant sous le menton, suppliante, adressa ces paroles à Zeus, le roi fils de Cronos :

« Zeus, père, si jamais, parmi les immortels, je t'ai plu par mes paroles ou mes actes, exauce ce vœu. Honore mon fils, qui, entre tous, a le destin le plus court. Or, voilà que le roi de guerriers Agamemnon l'a déshonoré ; il lui a pris et détient sa récompense, qu'il a de lui-même ravie. Honore mon enfant, Olympien, Zeus prudent. Aux Troyens donne l'avantage, jusqu'à ce que les Achéens honorent mon fils et lui accordent plus d'honneurs. »